Accident Vasculaire Cérébral | Acouphènes
Des textes pour pas grand chose

Des mots pour elle : 6 mois

Des mots pour elle : 6 mois Six mois. Six mois déjà. Six mois que tu es parti. Six mois que tu t'es enfui. Tout ça me paraît si loin maintenant, mais pourtant si proche encore.

Il m'a fallu du temps. Il m'a fallu du temps pour comprendre. Et toi, toi tu aurais pu aussi deviner.

Je t'ai attendu des heures entières. Je restais enfermé à la maison, à attendre près du téléphone, à me demander où tu étais, pourquoi tu ne me donnais pas de nouvelles, mais jamais tu n'as appelé.
J'ai arpenté les rues, tous les endroits que tu fréquentais, tous les endroits où tu aimais te balader, mais jamais tu ne t'es montré.
Puis j'ai questionné tout le monde, tous tes amis, tous les gens que tu côtoyais, mais personne n'avait de nouvelles, personnes ne savait où tu étais.
J'étais inquiète, j'étais horriblement inquiète. J'avais peur. J'étais seule.

Longtemps, je t'ai encore attendu. Longtemps…
Et tu n'es jamais revenu.

Alors le temps s'est écoulé, les jours, les semaines, les mois sont passés. Six mois…
C'était l'été, il faisait beau. Tout le monde était heureux, tout le monde respirait le bonheur, les vacances, et moi… moi, tu m'avais abandonné.

Etrangement, au fond de moi, à l'inquiétude a succédé la perplexité, puis à la perplexité a succédé la sérénité. Oui, car au fond de moi, au plus profond de moi-même, je savais que tu n'étais pas perdu, je savais que tu vivais, je savais que tu étais quelque part, et que tu allais bien. Plus le temps passait, plus je réfléchissais, et plus je réfléchissais, plus je comprenais.

J'ai commencé par t'en vouloir, par te détester, par te haïr presque de m'avoir abandonné. J'aurais pu laisser mourir ce qu'il me restait de toi. J'aurais pu mettre un terme à tout cela et jamais, plus jamais, ne conserver quelque chose de toi. Mais j'ai compris, oui, j'ai compris. Cela m'a pris du temps, cela fut long, mais j'ai compris.

Comment j'aurais pu imaginer que tu puisses un jour vouloir mettre un terme à tous les moments agréables que l'on vivait ? Comment j'aurais pu imaginer que tu puisses désirer mettre un terme à tout l'amour que l'on éprouvait ? Comment j'aurais pu seulement penser que c'était justement pour cela que tu m'avais quitté ?

Oui, il m'a fallu du temps, énormément de temps. Tu ne pouvais pas être parti juste parce que j'avais crié que tu m'aimais trop, juste pour cela. Non, ce n'était pas possible. Tu n'avais pas pu te convaincre, qu'en te disant cela, je t'aimais moins, que je ne t'aimais plus. Non, tu n'avais pas pu croire que je voulais que tu t'éloignes de moi, que tu me laisses, que tu m'aimes moins, que tu ne m'aimes plus. Non, c'était pas possible.