Accident Vasculaire Cérébral
Les Chroniques du ND

 post du vendredi 27 août 2004, 6h08 am

Si le courant m'entraîne vers le fond, alors je prendrais plaisir à m'allonger sur le lit de la rivière. Je me tournerais vers le ciel, et à travers l'eau de la surface qui me reflètera à moitié mon visage et à moitié ce que le monde m'offrira au dessus - un ciel bleu ou des nuages - avant que ma respiration ne suffise plus, je prendrais plaisir à voir nager les poissons, surtout ceux qui fendent la surface dans leurs sauts majestueux qui leur permettent d'attraper tous insectes qui volent à la surface. Et si c'est mon dernier souffle, le fond de l'eau bleu et vert sera pour moi un paradis, un tapis de bonheur.

Vous entendrez peut-être la louve hurler dans la nuit, peut-être même dans le jour.

Ce n'est que de la prose, et ce n'est destiné qu'à un seul être : l'Elfe qui se transforme en loup si elle le veut, ou se contente d'attendre d'observer les étoiles du haut d'un arbre, et parfois même sous la pluie alors que vous vous réfugiez dans votre petit intérieur. En tout cas, elle comprend, je le sais. Là, vraiment là est le principal. Le reste importe peu, même le fond de l'eau bleu ou vert, même si celui-ci est magnifique, même si le courrant m'emporte, même si ma respiration s'efface à travers les flots et m'entraîne pour me laisser inanimé quelque part, dans un endroit perdu ou elle seule me retrouvera. Je n'aurais ainsi pas abandonné la rivière. J'y serais resté fidèle.