Accident Vasculaire Cérébral
Les Chroniques du ND

 post du vendredi 27 août 2004, 1h45 am

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Il fait toujours un peu nuit, il pleut toujours un peu, et j'ai posé ma tente près de la rivière. J'aime entendre s'écouler l'eau lorsque je me couche, et me rafraîchir les pieds à mon réveil. J'aime aussi quand il pleut car le débit augmente, et c'est un vrai plaisir de m'y plonger, de faire la planche, et de me laisser emporter par le courant.

Je regarde aussi souvent que je peux les étoiles lorsque les nuages ne sont pas là. Je repense alors à autrefois.

J'occupe mes journées à de longues balades dans les bois, dans les montagnes, dans les gorges que l'écoulement de l'eau a creusé avec le temps dans les roches. J'ai trouvé une petite plage, et je m'allonge au soleil lorsqu'il daigne montrer le bout de son nez. Je vais faire des courses de temps en temps au village pas loin, mais j'ai un peu de mal à m'habituer aux autochtones. D'ailleurs, ils me regardent bizarrement, et plus le temps passe, plus je leur apparraît différent. Alors je n'ai qu'une hâte, retrouver le cours d'eau et le longer du haut des gorges. Puis, lorsque mon campement n'est pas loin, je redescends vers la rivière.

Je dors en deux temps : je me couche tard dans la nuit, et je fais la sieste lorsque le jour est le plus chaud. J'allume toujours un petit feu la nuit, mais tu n'as pas besoin de ça. Je le fais plus pour moi. Je m'endors non loin de lui, proche des étoiles, et je t'entends appeler au loin. Le jour, je repère tes traces et je sais que tu est passé dans le coin.

Voilà de quoi sont faites mes journées.

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