Accident Vasculaire Cérébral
Les Chroniques du ND

 post du samedi 12 juin 2004, 1h02 am

Je vois l'Ange me regarder, il paraît calme, ne bouge pas, il attend. L'Ange : est-ce qu'un ange est vraiment asexué ? Peu importe finalement. Le vent se lève, je suis plongé dans un tourbillon qui m'entraîne loin dans le ciel. Je pourrais me poser des questions, mais l'ascension et les courants qui m'entourent sont tellement agréables que je suis plongé dans un bonheur intense, flottant dans un ciel bleu ou le soleil puissant et ses rayons ne me font même pas mal aux yeux.
Je suis comme crucifié sur une croix où le bonheur vient me prendre et m'emporter. Il m'emporte jusque là où vivent les Elfes. Je survole des forêts sans fin, jusqu'au centre de ce monde. On m'accueille avec beaucoup de gentillesse. L'Elfe, le mien, se tient adossée à un arbre dont la circonférence du tronc et la hauteur dépassent l'entendement. Elle s'approche de moi, et je suis tellement plongé comme dans un rêve que je continue à la suivre comme si je dormais profondément. L'Elfe m'emmène vers les siens. Elle a une façon particulière de serrer ma main dans la sienne. Je vie l'ascension de l'arbre de vie comme dans un rêve. Je rêve. Je suis moi, un simple moi, parmi les Elfes. Des lucioles éclairent la nuit et je ne distingue que vaguement tout ce qui m'entoure. Peut-être ne sont-elles pas que des lucioles. Peu importe. Une seule chose peut être réelle en ce moment si particulier : un Elfe, une Elfe, qui me laisse m'asseoir sur un banc et part se perdre dans les branches de l'arbre dont toutes proportions sont démesurées. Je finis par m'endormir sur le banc, il fait bon.
Je me réveille le matin sous le chant des Elfes réunis là, sur une branche sur laquelle ils ont construit ce qui leur sert, non pas d'espace de prière, mais de lieu où leur conscience se mêle, où pendant un simple instant l'espace de quelques secondes, ils ne font qu'un.
Je ressens tout cela comme si je n'étais qu'un spectateur extérieur, mais je suis réellement avec eux. Mon Elfe me tient par une main. Je suis proche d'eux, et pourtant je ne suis pas comme eux.